«Switched-On Bach», l'album qui a révélé la musique électronique au grand public

Musique

La pochette de l'album met en scène un homme déguisé en Jean-Sébastien, casque à la main, devant l'immense Moog. | Joe Haupt via Flickr License by

Il y a cinquante ans, la musique électronique méprisée par le grand public a dû passer par le classique pour avoir un peu de reconnaissance.

Comment savoir à quel moment une technologie va quitter la sphère de l'expérimentation pour devenir un objet largement connu et habituel? Le synthétiseur a longtemps été vu comme le symbole de «la pire musique d'avant-garde, sans valeur commerciale». Et la personne qui l'affirme est la même qui l'a rendu populaire il y a un demi-siècle.

Pianiste, compositeur et ingénieur du son, Walter Carlos a très tôt été intéressé par la musique électronique et les possibilités de reproduire une musique traditionnelle. À une époque où la recherche musicale se veut en opposition avec des idées de mélodie, d'harmonie ou même de rythme, Carlos veut transmettre son goût –et celui du grand public– pour une musique tonale, ancienne mais plus abordable, à travers des outils modernes. 

Sa passion pour le synthétiseur le mène à Robert Moog dès 1964, en tant que client puis collaborateur pour optimiser l'instrument qui porte son nom, le Moog (prononcé «mogue»).

Walter faisait différents tests sur le Moog: du rock, des jingles de pubs, des compositions originales, mais c'est son adaptation de la série en fa majeur des Inventions et Sinfonies de Bach qui fait réagir sa productrice. Tout un album de Bach? Il y aurait moyen de toucher un public.

Le printemps et l'été 1968 seront consacrés à l'adaptation et l'enregistrement de douze pistes, dont deux passages du Clavier bien tempéré, et les trois mouvements du Concerto n°3 en sol majeur. Excepté un claviériste pour des passages additionnels, Carlos est l'unique programmateur et interprète.

L'œuvre est produite grâce à un enregistreur huit pistes fait maison, avec un procédé fastidieux: puisque le clavier est monophonique, on ne peut jouer qu'une note à la fois, et ensuite chaque piste une par une.

Comme le résume Laurent de Wilde dans son excellent ouvrage Les fous du son, il va «pousser les performances de l'instrument à bout», en réenregistrant des pièces de Jean-Sébastien Bach sur un clavier monophonique. «Faire jouer au Moogdes parties de violon, de flûte, de violoncelle, d'alto, de trompette, de hautbois sont autant de défis que Carlos relève patiemment, accordant à chacun l'enveloppe, le timbre, la dynamique et la chaleur qui lui conviennent le mieux, sans tenter d'en faire l'impossible copie conforme.» Il n'y a pas d'imitation des instruments, on reconnaît clairement le synthétiseur, mais ça n'enlève rien à l'œuvre originale. Au contraire, elle devient contemporaine, comme du «baroque'n'roll».

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