Sur Facebook, vos likes sont (beaucoup) plus politiques que vous ne le soupçonnez

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Quand vous «likez» des pages culturelles, vous en dites quasiment autant sur vos opinions politiques que quand vous «likez» la page de votre parti favori. | TheDigitalArtist / Pixabay license by

 

J'ai fourni mes données à des chercheurs belges pour qu'elles soient analysées. Les résultats sont édifiants.

Depuis le scandale Cambridge Analytica et la révélation de la vente par Facebook de 5.000 données de plus de 230 millions d'utilisatrices et utilisateurs américains à cette entreprise britannique, on connaît l'importance de la protection des données. Le but de Cambridge Analytica était, pour mémoire, de déterminer les profils psychologiques des internautes en fonction des pages likées. Une technique de manipulation utilisée par divers politiciens et notamment Donald Trump pour parvenir à glisser des postes ciblés en fonction de leur profil et de leurs intérêts.

L'an passé, j'avais déjà écrit sur ce thème en racontant l'histoire de David Caroll, un citoyen américain qui avait demandé les données que le président américain lui avait volées. Pourtant, lorsque je me suis retrouvé face à Stiene Praet, ce qu'elle m'a montré m'a quand même fait flipper. Elle a réussi à dresser mon «portrait» (très approchant) sans jamais m'avoir rencontré.

Les prédictions établies par Stiene Praet en fonction de mes «likes» sur Facebook.

Près de 7.000 profils analysés

Dans la vie, la jeune Belge n'est pas mentaliste et ne pratique pas non plus la cafédomancie: elle est doctorante en économie au sein de l'université d'Anvers. Avec Peter Van Aelst (chercheur et professeur en science politique) et David Martens (professeur et directeur du groupe Applied Data Mining), elle a décidé, dans le cadre de sa thèse, de réaliser une étude universitaire afin de prédire nos préférences politiques en se fondant sur l'analyse de nos données Facebook.

Dans ce but, elle a recruté 6.733 volontaires en publiant une annonce dans plusieurs journaux flamands pour atteindre une plus large audience. «Ce panel n'est pas représentatif de la population flamande. De même, nos résultats seraient sans doute plus précis si on recrutait davantage de gens», tempère, d'emblée, Stiene Praet.

Les participants et participantes devaient, d'abord, répondre à un questionnaire et devaient évaluer sur une échelle de 1 à 10 leur positionnement sur l'échiquier politique –de 0 à 3 (gauche), de 4 à 6 (centre), de 7 à 10 (droite). Ils et elles devaient indiquer la probabilité de voter pour les sept partis flamands (de 1 à 10 –de «je ne voterais jamais» à «je voterais assurément» pour ce parti). Les chercheurs ont, ensuite, récupéré les pages que ces personnes avaient likées sur Facebook dans le but de réaliser une analyse prédictive.

D'inexorables biais

Dans 60% des cas, le trio a réussi à deviner si les participantes et participants étaient placés à droite ou à gauche de l'échiquier. Un chiffre qui «peut sembler bas» comme il est écrit dans le papier.

Pour améliorer ce score, les chercheurs veulent clarifier les énoncés du questionnaire pour éviter les erreurs. Il faut rappeler aussi que les résultats dépendent de l'honnêteté et de la subjectivité des répondants.

«C'est l'un des plus gros problèmes. Dans les recherches marketing, on dit toujours que les gens ne disent pas ce qu'ils font et ne font pas ce qu'ils disent. C'est pareil en ce qui concerne le comportement électoral, on l'a vu pendant le Brexit ou durant l'élection de Donald Trump. Et puis les répondants peuvent se tromper dans l'estimation qu'ils font de leur vote. Il y a toujours des biais», assure Matthias Bogaert, enseignant et chercheur en business analytics à l'université d’Édimbourg.

Quoi qu'il en soit, dans 36% des cas, les chercheurs sont parvenus à connaître le parti préféré des volontaires. «C'est toujours un chiffre que l'on doit mettre en perspective car ils ont réalisé des prédictions sur sept partis. En probabilité, tu as 14% de chances d'avoir la réponse correcte. Le score de 36%, est en fait très bon», assure Mathias Bogaert.

D'autant que pourcentage est de 64%, lorsqu'il s'agit de prédire la sympathie vis-à-vis d'un parti (quand quelqu'un accorde «un score de 8 ou plus» à une formation politique)....

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