Spatial : l’Europe face au défi des vols habités

Economie

Le président exécutif d’Arianespace, Stéphane Israël, met en garde les Européens contre le risque de marginalisation, au moment où l’Inde projette d’envoyer un homme dans l’espace.

« L’Europe ne peut exclure de ses réflexions les vols habités, au risque d’être isolée plus tard dans l’espace. » Cette mise en garde du patron d’Arianespace, Stéphane Israël, a été lancée, lundi 10 septembre, à l’ouverture de la World Satellite Business Week, une manifestation organisée par Euroconsult et qui réunit à Paris tous les acteurs du spatial.

Cet avertissement a d’autant plus de résonance qu’à la mi-août, lors de la fête de l’Indépendance, le premier ministre indien, Narendra Modi, s’est engagé à ce que son pays envoie « dans l’espace un homme ou une femme en 2022, et même avant si cela est possible ». L’Inde deviendrait alors le quatrième membre d’un club très fermé rassemblant les Etats-Unis, la Russie et la Chine.

Quelques jours auparavant, début août, la Nasa avait révélé la liste des neuf astronautes sélectionnés pour les premiers vols habités dans les capsules de SpaceX et de Boeing. Ces missions, confiées pour la première fois à des entreprises privées, sont prévues l’an prochain. Une manière pour les Américains, de reprendre des vols qu’ils avaient abandonnés en 2011, préférant les fusées russes Soyouz pour rallier la station spatiale internationale (ISS).

Des besoins immenses de connectivité

« Aux Etats-Unis, nous assistons à une mobilisation publique et privée sans précédent pour le spatial », souligne Stéphane Israël. Une frénésie où l’émergence de nouveaux acteurs est stimulée par les milliards de la commande publique ainsi que par les besoins immenses de connectivité liés à l’Internet des objets, dans un contexte de dérégulation massive de l’accès à l’espace. Les perspectives sont considérables. Une étude de Morgan Stanley estime que la valeur totale du marché spatial, des constructeurs de satellites jusqu’aux fournisseurs de services, va plus que tripler, passant de 350 milliards de dollars, en 2017, à 1 100 milliards, en 2040 (302 à 945 milliards d’euros).

« L’un des atouts...

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