Regarder du porno dans l'avion ou le train, un plaisir sans conséquences?

Erotique

L’imaginaire pornographique regorge de séquences «voyeur» ou «public exhib», dans l’avion ou le train. Mais nous, spectateurs, pouvons-nous mater impunément une production Dorcel le temps d’un trajet?

Filmé à l’arraché, un couple s’enlace sur le siège d’un avion ou d’un train. Baisers et effeuillement s’enchaînent furtivement, la nécessité de rester discret étouffant la fièvre des corps. L’excitation de la situation n’éclot pas de la frénésie, mais des temps morts d’un «coitus interruptus» –quand l’attention oscille du partenaire aux ébruitements des couloirs, là où passagers ou personnel risquent à tout moment d’apparaitre. Variante du genre: la «public masturbation» en solo, plaisir solitaire qui s’éternise au détour d’un siège.

Ce type de scènes, la pornographie en regorge. S’envoyer en l’air (littéralement) ou prendre un express vers l’extase est un must have des tubes porno, perpétué au fil des productions amateur misant tout sur l’effet de mimesis.

La fantasmatique porn 2.0. des avions et trains est si démocratisée que, par le passé, certaines lignes de transports majeures n’ont pas hésité à l’assumer. Rappelez-vous, il y a six ans de cela, la drôle d’idée de Michael O'Leary, tête de gondole de Ryanair: proposer un service de streaming porno (accessible sur support portable via une appli téléchargeable).

Plus amusant encore: en 2014, la SNCF essuyait un bad buzz des plus hardcore en détournant les codes graphiques des sites pour adultes afin de promouvoir ses tarifs préférentiels –une malheureuse tentative de séduire une jeune audience...

Mais ces diverses transgressions et maladresses ne répondent pas à la question qui nous brûle les lèvres: quels risques encourt-on, au juste, à visionner du porno dans l’avion et le train?

Microphénomène

«Lorsque les personnels navigants commerciaux constatent qu’un passager visionne un film pornographique sur un écran personnel (ordinateur, tablette, téléphone) alors qu'un autre passager à proximité est également en mesure de voir son écran, il est demandé au passager de cesser le visionnage», nous explique Air France à l’autre bout de fil.

Généralement, nous assure-t-on, le passager éteint son écran sans causer le moindre esclandre –embarrassé et pris au dépourvu, on l’imagine, tel un ado libidineux qui verrait la porte de sa chambre ouverte par sa mère. Ce type de comportement n’a quasiment jamais été signalé au fil des rapports de vol: «c’est un microphénomène». De fait, lancer le climax d’une vidéo type «Strip-tease de Clara Morgane en hôtesse de l'air» (au hasard) au gré d’un voyage Air France, compagnie qui ne propose pas de films X à bord, ne vous condamne à rien... ou presque. 

La teneur pénalement répréhensible de l’acte dépend des circonstances. Si le passager en visionne à proximité d’un mineur, «les personnels navigants commerciaux font cesser le visionnage et signalent ce comportement aux services de police en vue d’une intervention à l’arrivée du vol», ajoute Air France. Une procédure qui respecte l’article 227-24 du Code pénal, selon lequel «le fait de fabriquer, transporter, diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu'en soit le support un message à caractère pornographique» au sein d’un contexte impliquant des mineurs est punissable de trois ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende.

Feuilletez un magazine cochon ou un roman porno, idem: si des enfants sont dans les parages, votre attitude sera considérée comme une provocation et une mise en danger. 

«C'est ce que l'on appelle les “passagers disruptifs”, ou “disruptive passengers”: les comportements inadéquats», détaille un responsable d’HOP !, compagnie aérienne filiale d'Air France, nous précisant que le commandant de bord et la brigade de gendarmerie du transport aérien (BGTA) sont averties en cas de contact avec des mineurs. «Si le contexte est aggravant, l'avion peut être détourné vers l’aéroport le plus proche», nous dit-on au téléphone.

Parmi ces contextes dont on tait le nom, le premier qui nous vient à l’esprit s’est largement répandu dans l’imaginaire X: l’exhibitionnisme. Une atteinte à autrui passible de sanctions et de poursuites judiciaires, aussi bien observée en plein vol... qu’au gré des couloirs de votre TGV. 

«Si le fait de regarder une vidéo pornographique n’est à l’heure actuelle pas interdit dans un train, ce n’est pas le cas de la plus courante des situations: celle des exhibitionnistes, qui visionnent et se masturbent en même temps», note ainsi la SUGE Montparnasse, service de surveillance générale de la Sûreté ferroviaire. Dans le cas de cette infraction sexuelle, délit prévu par l'article 222-32 du Code pénal, l’interpellation est directe et la sanction sévère: un an d’emprisonnement et 15.000 euros d’amende.

Bref, le visionnage de «messages à caractère pornographique» tombe généralement sous le coup de la loi dans les situations d’exhibition ou de pédopornographie, délit passible de cinq ans de prison et de 75.000 euros d’amende, selon l'article 227-23 du Code pénal.

Face à un tel contexte, il nous semble bien loin, cet imaginaire fétichiste et désuet pour films érotiques soft, traversé d’hôtesses de l’air et de stewards sexy... 

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