Pour l’exécutif, « la règle des 62 ans » comme âge minimum du départ à la retraite n’est plus gravée dans le marbre

Economie

L’une des principales promesses de campagne d’Emmanuel Macron vient soudainement d’être remise en question. Et pas n’importe laquelle : il s’agit du maintien à 62 ans de l’âge minimum pour partir à la retraite. Le candidat d’En marche avait dit qu’il ne toucherait pas à ce paramètre s’il était élu. Un engagement qui semble beaucoup moins ferme aujourd’hui.

Dimanche 17 mars lors du Grand jury RTL-Le Figaro-LCI, la ministre des solidarités, Agnès Buzyn, avait indiqué ne pas être hostile à un « allongement de la durée de travail », précisant qu’elle se prononçait « à titre personnel ». En réalité, elle n’est pas la seule à penser ainsi au sein de l’exécutif. L’Elysée confirme au Monde que « la règle des 62 ans » n’est plus gravée dans le marbre. Une inflexion qui est tout sauf anodine. Elle suscite de l’inquiétude parmi les syndicats.

« Lors de la campagne, Emmanuel Macron s’est engagé sur une réforme systémique et non paramétrique des retraites », rappelle-t-on dans l’entourage du président de la République, en faisant allusion au projet d’un dispositif universel, dans lequel se fondraient les quelque 40 caisses existantes. « Mais à partir du moment où on décide de prendre en charge la dépendance, les données peuvent changer, poursuit cette même source. Si on offre la couverture d’un nouveau risque, cela ne va pas se faire avec des pièces en chocolat ! »

Autrement dit, la réforme, en cours d’élaboration, pour les personnes peu ou pas autonomes est susceptible de créer des besoins de financement importants et pourrait, du même coup, amener l’exécutif à reconsidérer sa position sur la retraite à 62 ans. Le fait de raisonner en couplant les deux dossiers (celui de la dépendance et celui des pensions) est très inattendu – en tout cas, assez rare dans la communication officielle – puisqu’ils obéissent à des problématiques distinctes.

Suggestion « très courageuse »

D’autres variables influencent sans doute la réflexion du pouvoir en place. Les prévisions de croissance ont récemment été revues à la baisse (à 1,4 % pour 2019, selon la Banque de France), ce qui risque de se traduire par des rentrées de cotisations moins élevées que prévu. En outre, si le gouvernement décide de mieux revaloriser les pensions, en rapprochant leur évolution de celle de l’inflation, les dépenses seront accrues.


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