Les produits laitiers pourraient devenir un luxe pour les Britanniques après le Brexit

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Le gouvernement de Theresa May est de plus en plus fragile. Les démissions de David Davis, ex-ministre du Brexit et de Boris Johnson, ex-ministre des Affaires étrangères, n’arrangent pas les négociations dans lesquels Londres est impliqué. D’ici moins de neuf mois, quel que soit le sort des négociations, le Royaume-Uni quittera l’Union européenne.

Le contrecoup du Brexit risque de déstabiliser le secteur

Cette sortie induit de lourdes conséquences sur l’économie britannique et notamment sur le secteur agricole. Une étude de la London School of Economics, missionnée par Arla Foods, mastodonte du secteur des produits laitiers britanniques, a été réalisée afin d’étudier les conséquences de cette situation géopolitique sur le secteur laitier. Suite à cette dernière, Ash Amirahmadi, directeur général Royaume-Uni d'Arla Foods a déclaré: «Notre dépendance aux laitages importés pourrait entraîner des perturbations logistiques de grande échelle. Il est fort probable que nous observions des pénuries et une hausse importante des prix. Ce qui détournerait notre consommation habituelle de beurre, de fromage et de yaourt en une consommation plus occasionnelle de produits de luxe

Arla est le leader dans l’industrie laitière britannique avec un chiffre d’affaire annuel de 2,6 milliards de livres sterling [soit 2,9 milliards d’euros]. L’entreprise est un des fournisseurs principaux des grands supermarchés tels que Sainsbury’s, Morrisons et Asda. Arla est une coopérative paneuropéenne, disposant de sites de production dans onze pays différents, fournie par 11.200 producteurs laitiers, dont 2.400 britanniques.

Le Royaume-Uni ne produit pas assez de lait pour satisfaire l’ensemble de la demande nationale, ce qui crée une dépendance vis-à-vis de certains pays de l’Union européenne tels que la France, l’Allemagne, l’Irlande ou le Danemark.

Si aucun accord n’est trouvé sur le Brexit, le prix des produits laitiers, tout comme celui de la viande, augmentera très sûrement. Un laitage contenant entre 3% et 6% de matières grasses sera taxé à 74% par la douane, ce chiffre atteindra 41% pour la mozzarella.

Le Brexit relancera-t-il l’industrie laitière?

Dans le cas contraire, si un accord est trouvé et qu’aucun droit de douane ne subsiste, les importations subiront tout de même des coûts de retard à Douvres. L’étude de la LSE démontre aussi que pour tout conteneur livré en retard, un minimum de 111 livres [soit environ 126 euros] sera facturé par tranche de sept minutes.

Selon Ash Amirahmad, il est possible que cette situation stimule le secteur laitier britannique. Néanmoins, cela constituerait un processus de long terme. «Le Brexit permettra peut-être de développer l’industrie britannique à très long terme. Cependant, à court et moyen terme on ne peut pas stopper et remettre en marche la production laitière.»

Le projet de nouveau référendum pourrait mettre du plomb dans l'aile au Brexit, néanmoins, le mal est fait. Et quoi qu'il advienne, le tissu économique britannique souffrira du vote du 23 juin 2016.


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