Les pauvres sont les premières victimes de la pollution sonore urbaine

Sociétés

L'exposition au bruit dans des villes de plus en plus peuplées reflète des inégalités sociales, voire raciales.

La pollution sonore, énième reflet de la ségrégation sociale? D’après plusieurs études d’urbanisme, le bruit auquel sont exposées les personnes vivant en ville diffère selon leur niveau de vie. L'exposition au bruit dépendant généralement des prestations thermiques et phoniques de l'habitat, les classes sociales les plus basses sont souvent exposées à un plus grand vacarme. Aux États-Unis, des recherches effectuées à partir de 2017 indiquent que les quartiers urbains les plus pauvres sont près de deux décibels plus bruyants que les zones riches.

La même étude a également révélé que dans des villes américaines comme Detroit et Chicago, les quartiers ayant une plus grande proportion de résident·es noir·es, hispaniques et asiatiques font face à des niveaux de bruit plus élevés que les autres.

À l'inverse, dans son article pour The Guardian, le journaliste Thomas McMullan cite l'exemple de résident·es de Manhattan dépensant plusieurs dizaines de milliers d'euros pour se préserver de la pollution sonore.

Un danger pour la santé

Si certaines personnes sont prêtes à dépenser de telles sommes, c'est parce que nous supportons de moins en moins bien le boucan citadin. En Grande-Bretagne, par exemple, la dernière enquête nationale du gouvernement sur l'attitude face au bruit a révélé «une forte augmentation statistiquement significative» de la proportion des personnes interrogées qui ont déclaré être dérangées par la circulation routière, le voisinage, les avions ou les chantiers alentours.

Plus qu’une simple gêne, le bruit a un impact significatif sur notre santé mentale ou physique. L'hypertension artérielle, les crises cardiaques et le diabète de type 2 ne sont que quelques-unes des maladies que les médecins ont associées à l'exposition à long terme à la pollution sonore.

L'Agence européenne pour l'environnement fait ainsi état de 10.000 morts prématurées par an en Europe en raison du bruit. Les nuisances liées au trafic routier sont la source de pollution sonore la plus répandue. Cent vingt-cinq millions d'Européen·nes subissent des niveaux supérieurs à 55 décibels, de jour comme de nuit. Un seuil considéré comme nocif pour la santé. En Île-de-France, 107.766 années de vie en bonne santé seraient ainsi perdues chaque année à cause des nuisances sonores.


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