Les médias « sont des thermomètres » : la mise au point du patron de BFM-TV aux « gilets jaunes »

Politique

Dans « Le JDD », Alain Weill dénonce des violences « inacceptables » commises à l’encontre des journalistes en marge des manifestations.

Ne « pas casser le thermomètre ». C’est ce qu’Alain Weill, le PDG de la maison mère de BFM-TV Altice Média, demande aux politiques et « gilets jaunes » dansLe Journal du dimanche(JDD) du 20 janvier, réagissant aux violences « inacceptables » dont sont la cible ses journalistes.

Les médias « ne sont que (…) des thermomètres, à l’écoute de l’opinion. Ce n’est pas une raison pour les accuser de tous les maux parce que la température indiquée sur ce thermomètre ne convient pas », fait-il ainsi valoir.

« Je considère que nous devons la vérité à ceux qui nous regardent. Or, celle-ci ne fait pas toujours plaisir, aux uns comme aux autres. »

« Nous prêter une influence démesurée »

M. Weill souligne, en outre, une vision déformée attribuée par certains à la chaîne et plus largement aux organes de presse : « Ce serait nous prêter une influence démesurée que d’imaginer que le grand débat voulu par le président de la République soit la conséquence directe d’une amplification de cette crise par les médias. »

« Que je sache, BFM-TV n’est pas responsable des rassemblements sur les ronds-points et des discours que tiennent leurs occupants. »

« Nos journalistes, comme d’autres, ont été secoués, violentés », a condamné le patron d’Altice Média. Ses reporters sont régulièrement pris pour cibles dans les manifestations des « gilets jaunes », à tel point qu’ils avaient décidé de boycotter les ronds-points lundi 7 janvier.

Soutien d’un collectif de « gilets jaunes »

Répondant à des remarques du CSA sur le traitement du mouvement de contestation sociale, le PDG a reconnu que la rédaction de BFM-TV avait pu commettre « quelques erreurs ou maladresses ». « Comme tous, a-t-il fait valoir. « Nos métiers nécessitent beaucoup d’humilité et le sens des responsabilités. »

Après un « dialogue » avec la rédaction, BFM-TV a pris des premières mesures inspirées de la crise de confiance exprimée par les « gilets jaunes », dont la création d’un « comité éditorial » chargé de « réfléchir à la suite ».

« Coller un peu plus à la réalité de la vie quotidienne des Français ; aller vers plus de proximité : cela fait partie d’une réflexion qui vaut pour BFM-TV comme pour l’ensemble des médias. »

Un collectif de « gilets jaunes citoyens » a par ailleurs, de son côté, dénoncé dans une tribune au JDD, les violences contre la presse : « Les journalistes doivent garder cette liberté de couvrir des événements de la manière dont ils l’entendent, quand bien même nous ne serions pas d’accord avec eux », soulignent les signataires.


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