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Les électeurs accordent les pleins pouvoirs à Macron sans l'avoir prémédité

Politique

C'est l'histoire d'un engrenage implacable depuis le 23 avril. Au soir du premier tour des législatives, le président Macron, avec 32,2%, est bien parti pour disposer d'une très large majorité absolue à l'Assemblée nationale, avec 400 sièges ou plus. Une majorité d'électeurs ne le souhaitent pourtant pas, mais il n'y a pas d'alternative.

Les électeurs font la politique mais ils ne savent pas la politique qu'ils font. L'extraordinaire aventure politique d'Emmanuel Macron le conduit désormais sur le chemin d'insolents pleins pouvoirs alors même qu'aucune majorité de Français ne l'a vraiment voulu. L'implacable logique majoritaire du présidentialisme propre à la Ve République profite comme jamais au nouveau chef de l'Etat, crédité par les premières estimations, ce dimanche 11 juin, d'une majorité absolue de 400 députés, voire plus, dans une semains.

Celui-ci a certes réussi, de l'avis général, ses premier pas à l'Elysée, même si la complaisance médiatique qui entoure généralement le vainqueur a ici joué à plein. Mais c'est surtout la décomposition précipitée du système partisan qui permet au mouvement «En Marche!», étape après étape, de s'octroyer les pleins pouvoirs. L'inversion du calendrier électoral (les législatives après la présidentielle) décidée par Lionel Jospin avant 2002 ne pouvait que favoriser le réalignement politique autour d'un homme.

Tout s'est joué le 23 avril

Un engrenage redoutable s'est ainsi mis en place. Même s'il fut alors maladroit, Macron n'avait pas tort, sur le fond, de faire le fête le 23 avril 2017. Tout s'est effectivement joué ce jour-là, date du premier tour de la présidentielle. Qualifié face à Marine Le Pen pour le second tour du scrutin, l'ancien ministre de l'Economie était dés lors promis à une victoire certaine.

Les 24% de votants (18,2% des électeurs inscrits) qui ont alors glissé un bulletin Macron dans l'urne n'étaient certainement pas tous conscients qu'ils lui ouvraient ainsi la voie des pleins pouvoirs. Beaucoup ne le voulaient assurément pas. En raison d'un puissant «vote utile», seulement 65% de ceux qui votèrent alors Macron souhaitaient «qu'il soit élu président de la République». Les macronistes convaincus ne représentaient que 15,6% des suffrages exprimés (et 12% des inscrits) le 23 avril...

Face au danger et au repoussoir Le Pen, le candidat «en marche» s'est ensuite offert une très belle victoire (66,1% des suffrages exprimés) le 7 mai. Il va néanmoins de soi que cette onction du suffrage universel, face à l'extrême droite, ne valait nullement approbation d'un projet politique inamendé d'un tour à l'autre.

La ratification législative

En bonne logique politique, ce sont les élections législatives qui auraient dû permettre à l'électorat de confirmer ou d'infirmer son accord avec le projet défendu par le nouveau président.

Ce n'est pas précisément ce qui s'est passé. La torpeur démocratique caractéristique des scrutins qui se déroulent dans le sillage d'une élection présidentielle s'est manifestée cette fois-ci avec plus de force que jamais. Un lourd fatalisme a gagné un électorat résigné à donner sa chance, quoi qu'il en pense vraiment, au nouveau chef de l'Etat.

Cet état d'esprit, générateur d'indifférence à l'endroit de l'enjeu législatif, a créé les conditions d'une abstention record sous la Ve République pour ce type de scrutin. Seulement un électeur inscrit sur deux aura participé à ce somnolent premier tour des législatives....

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