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Le parti de l’incertitude

Sociétés

Contenu partenaire - «4 candidats. 2 places. 6 possibilités», une équation qui résume à elle seule cette «inédite et étrange campagne», qui le restera «probablement jusqu'au dépouillement final».

Le caractère inédit de la situation lui confère une dimension historique «jamais élection présidentielle n’avait connu pareil suspense au 1er tour! Dans ce jeu de billard à 4 bandes, qui l’emportera en finale?!».

Beaucoup y voient une manœuvre médiatique et les «metteurs en scène» de l’incertitude sont désignés: «J'espère au moins que CNews, BFM et les autres se sont bien gavés à nous faire croire qu'il y avait du suspense dans cette élection».

L’incertitude pèsera «sans doute jusqu’à l’isoloir». Et les sondages de cette dernière semaine, «bien précaires et incertains», n’aident pas. Au contraire. Suscitant méfiance et défiance, les chefs d’accusation dressés à leur encontre sont nombreux.

Ils influencent: «À quand une transparence complète sur les sondages ? À part à influencer les votes à quoi ça sert ???».

Ils faussent: «L'équité du temps de parole est une brindille face au lavage de cerveau imposé aux Français par les sondages».

Ils modifient: «Je n'ai rien contre les sondages mais tout contre les gens qui ajustent leurs votes en fonction».

Echaudés par de précédents scrutins prétendument joués d’avance, les internautes réfutent les pronostics des sondages qui «se sont trompés pour Trump et le Brexit, ça risque de se reproduire», et vont même jusqu’à s’en réjouir.

L’influence n’appartient plus aux modèles prédictifs. Le pouvoir, en revanche, appartient aux électeurs. Ce que martèlent les twittos. Les électeurs ont le pouvoir de faire «mentir les instituts de sondages. Ces faiseurs de rois tomberont de haut».

Au cœur de cette attente incertaine, la lassitude se fait jour: «mettre un terme à notre propre indécision et en finir avec nos interrogations...».

Éreintés par une élection qui n’en finit pas, épuisés par une crise aussi économique que sociale et institutionnelle, nombreux sont ceux qui s’en remettent au hasard ou à l’absurde.

Pourquoi pas jouer son vote à «Plouf Plouf»? La défunte star inattendue de la Coupe du Monde 2010 est même évoquée: «Les sondages ont déjà démontré leurs limites quand il s'agit d'élections. Revenons aux valeurs sûres: Paul le poulpe!».

Les quizz et QCM établissant des compatibilités entre électeurs et candidats fleurissent sur la twittosphère, mais cela ne fait qu’amplifier le désarroi. Pour certains, leurs convictions se voient renforcées, «pour ma part, c'est tombé pile!» mais la plupart se trouvent encore plus désemparés: «bon dieu, je dois faire quoi». Faut-il prendre exemple sur les pratiques des bookmakers d’outre-Manche où «on a le droit de parier sur l'issue de l'élection présidentielle française. Les cotes sont causantes...»?

Ces «débats» révèlent un point aussi central qu’inquiétant : les programmes, longtemps attendus et réclamés, sont considérés comme secondaires.

Tous les candidats sans exception sont perçus comme appartenant à une élite qui protège ses intérêts propres, et ne se préoccupe ni des promesses faites, ni du sort des citoyens: «le résultat des urnes ne correspond pas à l'opinion car les élections sont biaisées et les programmes non appliqués»; «Même si je sais qui voter il n'y a aucune garantie que les promesses deviennent réalité».


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