La baston entre Booba et Kaaris était tristement attendue

Musique

À ma gauche, Booba, fer de lance du rap français depuis la fin des années 1990. | Gabriel Bouys / AFP • À ma droite, Kaaris, nouveau venu en 2012, flow impeccable. | Dominique Faget / AFP 

Depuis six ans, les deux bonshommes entretiennent le fantasme d’un règlement de compte concret. Le voilà filmé, commenté, décortiqué, pour le plus grand bonheur d’un voyeurisme rap grandissant.

En 2012, Booba et Kaaris sortaient un titre commun qui allait devenir un classique du rap français: «Kalash». Six ans plus tard, le 1er août 2018, on retrouve les deux lascars et leur entourage en train de se bastonner à grands coups de fioles de parfum dans un magasin de l’aéroport d’Orly. Interpellations, coups de pied, balayettes, insultes, vols retardés… Tout a été filmé.

Sur les réseaux, c’est l’effervescence. Car le clash qui oppose le Duc de Boulogne et le rappeur de Sevran a démarré il y a maintenant six ans. Nombreuses et nombreux sont celles et ceux qui attendaient que les paroles se traduisent par des actes. C’est triste, très triste, mais le «rap game» est comme cela. Entre le succès de «Kalash» et cette bagarre, il s’est passé beaucoup, beaucoup de choses.

«Il a refusé de se mouiller»

Booba et Kaaris, c’est le clash du rap français le plus commenté de ces dernières années. Certes, il y a eu celui entre Booba et Rohff, qui s’est soldé par une peine de prison pour le second (après qu’il a entrepris de tabasser deux vendeurs d’une boutique Ünkut, la marque de Booba, à Paris). Parce que Booba est considéré comme le rappeur français numéro un depuis bien longtemps. Parce que Kaaris est le rappeur qui incarnait, en 2013, le renouveau du rap hexagonal, l’avènement de la trap. Deux écoles, deux manières de communiquer.

Tout a commencé en 2011. Booba invite Kaaris à figurer sur sa mixtape Autopsie vol. 4, qui répertorie plusieurs talents naissants du rap français. Puis, il le convie de nouveau sur son album Futur. C’est là qu’ensemble, ils commettent le hit «Kalash». Un classique moderne, un titre usant à foison de l’absurdité de la métagore (métaphore gore). Kaaris est le protégé de Booba, mais les choses changent, très vite.

À l’époque, Booba est en pleine rivalité avec deux rappeurs poids lourds: Rohff et La Fouine. En tant que leader de ce qu’il considère comme un clan, il souhaite que ses poulains l’épaulent et attaquent verbalement ses rivaux. Mais Kaaris refuse: «Je les connais pas ces mecs-là, déclarera-t-il deux ans plus tard au micro de Skyrock. Pourquoi j’irais les clasher? Ça n’en vaut pas la peine. […] Ils ne m’ont rien fait. Booba me demandait de dire des phrases chelou: “Traite la daronne qui est morte, tu vas voir tu vas percer”. Moi j’ai perdu mon père, je sais ce que c’est de perdre un être cher. J’ai dit: “Je ne le ferai pas”».

À partir de là, les choses s’enveniment entre les deux hommes. Du côté de Booba, les faits sont clairs: «Quand j’étais en clash avec Rohff et La Fouine, Kaaris n’est pas intervenu. Nous avons organisé une interview pour qu’il marque son soutien, mais il flippait. Ce mec, je l’ai fait, je l’ai modelé, mais il a refusé de se mouiller».

Lire la suite sur Slate.fr - La baston entre Booba et Kaaris était tristement attendue

 

Articles en Relation

Une brève histoire du métro dans le rap français Personne ne raconte mieux le métro et le RER que la scène hip-hop hexagonale, notamment indé. Il suffit de jeter un bref coup d’œil aux titres de nom...
Parris Goebel, la chorégraphe qui pèse un milliard sur YouTube Comment la nouvelle gourou de la danse hip-hop s’est imposée dans le game. Elle pèse plusieurs milliards de vues sur YouTube et pourtant, vous n’avez...
Aya Nakamura révolutionne la musique française, laissez-la faire Sur son second album, la chanteuse d’Aulnay-sous-Bois regarde le futur de la musique populaire droit dans les yeux. Question simple: avant Aya Naka...
Nino Ferrer, le mal-aimé de la chanson française Disparu il y a vingt ans, Nino Ferrer n’est jamais parvenu à trouver sa place dans le paysage musical français malgré d’immenses succès. La faute à un...

MUSIQUE LIVE

PROMO MUSIQUE