« Jeunes et les policiers ont un point commun essentiel : tous se sentent mal aimés et dévalorisés »

Politique

Alors que la relation entre jeunes et forces de l’ordre est au plus mal, l’ex-agent du RAID Bruno Pomart explique dans une tribune au « Monde » que de nombreuses initiatives existent, notamment de la part de policiers.

Tribune. Commençons par ce constat, évident mais sans appel : le fossé qui sépare la jeunesse française des représentants des forces de l’ordre a rarement été aussi profond. Ce contexte me semble des plus appropriés pour lancer un appel à la prise de conscience et à la mobilisation, tout particulièrement auprès du personnel politique, afin d’éviter qu’un tel clivage entre autorités et citoyens ne s’installe dans la durée et ne s’aggrave.

De nos jours, les policiers français vivent un véritable paradoxe : ils peuvent être acclamés et susciter des vocations un jour – suite aux attentats terroristes, par exemple – et le lendemain être insultés, agressés voire menacés de mort, quelques fois par les mêmes personnes qui les avaient portés aux nues la veille.

Comment peut-on exercer sereinement son métier, quand on passe aussi subitement du statut de héros à celui d’ennemi, et que l’opinion publique « change de camp » au gré de ses émotions ? La peur se transforme en amour et la contestation en haine.

L’image de la police, surtout auprès des jeunes, est une problématique des plus importantes pour la cohésion de notre société. Quand une partie de la population n’entretient plus que de la méfiance à l’égard de ceux qui sont censés la protéger, c’est que le malaise est grand et qu’il est plus que temps d’y remédier.

L’insécurité, grande gagnante

Cette partie de la population, c’est principalement celle des quartiers, qui se sent de plus en plus dégradée et stigmatisée, car dans les banlieues – il faut en avoir conscience – la minorité est majoritaire démographiquement parlant. Elle vit plus difficilement que par le passé dans des zones appauvries, gangrenées par le chômage et la délinquance.

La France manque d’une action coordonnée pour rapprocher sa jeunesse et ses forces de l’ordre

Pourtant, les jeunes et les policiers ont un point commun essentiel : tous se sentent mal aimés et dévalorisés. Les policiers...


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