Emmanuel Macron toujours tenté par le référendum pour clore le grand débat

Politique

La consultation n’aurait pas lieu le 26 mai, jour des européennes, mais en juin ou septembre.

Emmanuel Macron est très tenté. Le chef de l’Etat peut encore changer d’avis, mais à écouter ses proches, il serait décidé à organiser un référendum pour clore le grand débat et relancer son quinquennat. Une manière de se relégitimer après la séquence particulièrement difficile qu’il a traversée, de l’affaire Benalla en juillet 2018 aux débuts de la crise des « gilets jaunes » quatre mois plus tard.

Fort du succès du grand débat, lancé pour apaiser les colères sur les ronds-points, Emmanuel Macron sait qu’il ne peut pas décevoir. A son issue, l’exécutif apportera des réponses multiples, qui nécessiteront pour certaines d’entre elles des décrets, par exemple pour aménager la limitation de vitesse à 80 km/h, et pour d’autres des projets de loi, par exemple pour dessiner une réforme fiscale.

Mais, s’il veut aller au bout de sa logique, Emmanuel Macron doit redonner la parole aux Français. « Le président sait qu’il n’a pas le choix, il doit repasser par le peuple. Le référendum est le seul moyen de se relégitimer en dehors d’une élection anticipée ou d’une dissolution de l’Assemblée nationale », juge l’un de ceux qui échangent régulièrement avec le chef de l’Etat. Plusieurs ministres, comme François de Rugy ou Didier Guillaume, sont sur cette même ligne.

« Piège absolu »

Dans la Macronie, tout le monde ne partage pas cette analyse. Ils sont plusieurs, comme ce membre du gouvernement, à juger que « le référendum, c’est un piège absolu », et à citer le précédent de 2005. « En consultant les Français, on coalise les oppositions. Or les oppositions, cela représente 70 % des Français », abonde un fidèle du chef de l’Etat. D’autres, comme ce macroniste de la première heure, jugent que l’outil du référendum « n’est pas moderne », et rappelle qu’il peut être contre-productif, comme l’a expérimenté à ses dépens Matteo Renzi en 2016 : le président du conseil transalpin avait dû démissionner après un refus des Italiens de réduire les pouvoirs du Sénat.

Ces derniers temps, le président de la République a appris à se méfier des conseils de ses proches. Il regrette encore d’avoir écouté ceux qui, à l’Elysée et à Matignon, lui recommandaient, fin novembre, de ne pas revenir sur la hausse de la taxe carbone. Et se félicite d’avoir lancé le grand débat quand plusieurs dans son entourage ne cachaient pas leur scepticisme. Selon un fidèle, c’est après avoir constaté cette « déconnexion » de ses proches, au plus fort de la crise, que le chef de l’Etat aurait décidé de se séparer de certains membres de son cabinet.


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