Comment Emmanuel Macron va tenter de sauver son quinquennat

Politique

Le chef de l’Etat doit sortir de son silence et « s’adresser à la nation » lundi à 20 heures pour tenter de désamorcer le conflit des « gilets jaunes ». Une épreuve de vérité.

Emmanuel Macron l’a répété à ses visiteurs ces derniers jours. Même si les manifestations du 8 décembre ont été mieux maîtrisées par les forces de l’ordre, au prix d’un nombre record d’arrestations et de gardes à vue de « gilets jaunes », le chef de l’Etat n’entend pas en rester là. Plus question de jouer le pourrissement du conflit, comme l’exécutif avait été tenté de le faire au début de la mobilisation. « La colère est toujours là, il faut y répondre », explique un proche du président, alors que le soutien des Français au mouvement ne faiblit pas dans les sondages.

Signe de ce volontarisme, Emmanuel Macron a convoqué en urgence une grande conférence sociale à l’Elysée, lundi 10 décembre. Prévenus seulement la veille, les organisations syndicales et patronales, mais aussi les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, Gérard Larcher et Richard Ferrand, celui du Conseil économique, social et environnemental, Patrick Bernasconi, ainsi que des responsables d’associations d’élus, devaient échanger lundi matin avec le chef de l’Etat sur les réponses à apporter à « ce moment grave que traverse la nation ».

Objectif de cette réunion, à laquelle devaient aussi assister le premier ministre Edouard Philippe et une partie du gouvernement : « mobiliser pour agir », alors que les « gilets jaunes » amorcent leur deuxième mois de conflit et qu’un nouvel appel à manifester a été lancé pour le 15 décembre. Ces derniers jours, le chef de l’Etat a d’ailleurs beaucoup consulté à l’Elysée, où il s’est enfermé toute la semaine et d’où il a suivi les manifestations du 8 décembre. « Il a vu des intellectuels, des politiques, des associatifs », détaille une proche. Christophe Castaner, le ministre de l’intérieur, est passé le voir samedi. François Bayrou, son allié du MoDem, lui parle tous les jours.

Ces échanges sont censés nourrir l’allocution qu’Emmanuel Macron devait effectuer lundi soir depuis l’Elysée. Une déclaration solennelle à la télévision destinée à reprendre la main, après dix jours de mutisme du chef de l’Etat. Depuis son retour d’Argentine le 2 décembre, le président de la République ne s’est pas exprimé publiquement et ses rares sorties ont été effectuées loin des caméras. Le 4 décembre, il s’est bien rendu au Puy-en-Velay, pour évaluer les dégâts causés à la préfecture incendiée par des « gilets jaunes », mais le cortège présidentiel a été hué par des passants en colère.


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