Les services de renseignement font leur pub et recrutent avec des sites parfois luxueux. Sauf la France, qui fait le minimum.
Vous voulez faire une carrière d'espion ? Devenir une taupe ? Ou un
honorable correspondant des services secrets ? Sur le Net, tous les
services secrets s'affichent avec plus ou moins de conviction : luxe de
la CIA, austérité du MI-6 et du FSB, patriotisme du Mossad ou cocardier
pour la DGSE. Difficile de faire son choix…

Le plus ringard : la DGSE française
Tout est parti d'une blague sur le graphisme vieillot de la page d'accueil de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Jugez plutôt… on dirait du web 0.5.
D'ailleurs, le service de renseignement (SR) français n'a même pas
de site à proprement parler. Tout juste quelques pages sur le portail
du ministère de la Défense. Si sa vitrine numérique est à l'image de
ses performances…
Détail absurde : le SR, qui dispose paraît-il des meilleurs hackers du monde, ordonne à l'internaute de ne pas reproduire ses photos d'illustrations ! Dans la catégorie « on n'est jamais si bien servi que par soi-même », il est aussi un brin cocardier :
« A la différence de la plupart des services
occidentaux, la DGSE maîtrise en son sein la totalité des modes de
recueil du renseignement : sources humaines, capteurs techniques
(interceptions électromagnétiques, imagerie satellitaire), moyens
opérationnels, exploitation des sources ouvertes.
Cette maîtrise unique permet de viser le plus haut niveau de
fiabilité et de recoupement, en même temps qu'elle favorise une
synergie de nature à renforcer l'efficacité de chacun de ses moyens
pris séparément. »
Enfin, si vous êtes toujours motivé (comme Virginie Ledoyen, qui
jure cette semaine dans Grazia que son rêve est de travailler pour la
DGSE, la DST ou la CIA… elle hésite), rendez-vous sur la page recrutement. Je doute que le profil de Virginie Ledoyen les intéresse, mais bon…


Le plus classe : le MI-6 britannique
Si vous cherchez ce petit mélange de classe et d'efficacité, rendez-vous sur le site du Secret Intelligence Service (SIS), les services secrets de sa majesté.
De tous les grands SR, celui du MI-6 est le plus polyglotte, puisqu'il propose cinq langues différentes : espagnol, français, russe, arabe et chinois. Pratique pour recruter des sources…
Il est aussi le seul site à proposer un « virtual tour » avec une
acorte jeune femme blonde qui vous vante tous les mérites d'une longue
carrière au SIS : restaurant et bar au siège, retraite généreuse, 31
jours de vacances par an, formation continue, clubs sportifs à foison.
Bref, tout pour « l'épanouissement personnel » au service d'une vraie
« communauté ».
L'un des jeunes « operational officers » (qui a une vague
ressemblance avec Barack Obama) salue la générosité et la tolérance de
ses collègues, « très respectueux » de son appartenance religieuse… à
l'islam. Cliché, mais efficace.
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