Ces militants qui croyaient en la politique…

Politique

Un an après la présidentielle, les petites mains des partis restent investies, parfois, ou ont pris du champ, souvent.

« Y a des gens qui s’énervent devant BFM, moi je colle des affiches. » Julien Copineau suit une « thérapie » qui l’empêche de pester seul devant son écran, depuis quatre ans.« Je regarde les infos dix minutes et c’est plus fort que moi, faut que je sorte, faut que je colle. » En dehors de ses heures de service à la SNCF, Julien est ce qu’il appelle « un combattant ». Autrement dit, un militant. De ceux, nombreux, croisés durant la campagne présidentielle, tracts au bout des doigts et slogans aux coins des lèvres.

Loin des « tous pourris », des sondages, des affaires, eux croyaient en la politique, du moins en celle de leur champion. Plus d’un an après, que sont devenues ces petites mains qui tractaient-boîtaient-tweetaient, défendaient « leur » candidat sur les marchés ou devant la machine à café ?

Julien Copineau, lui, a changé de visage à afficher, à peine les législatives de juin 2017 passées. Electeur du Front national depuis ses 18 ans, le trentenaire a troqué sa favorite à la dernière présidentielle, Marine Le Pen, pour son allié d’entre-deux-tours, le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan.

Pour le reste, rien n’a changé. L’ancien agent de sécurité du parti d’extrême droite ne compte toujours pas ses kilomètres. Ou plutôt si : 250 000 pour le FN, depuis les départementales de 2015 ; « déjà » près de 20 000 pour M. Dupont-Aignan. Le compteur tourne au rythme de son engagement militant.

« Un peu lâché »

Des trois anciens combattants frontistes, rencontrés à Versailles un jour d’été, Julien est le premier à avoir quitté le désormais rebaptisé Rassemblement national (RN). Le trio – deux croix chrétiennes et un pin’s bleu-blanc-rouge – est intarissable sur les déceptions accumulées depuis un peu plus d’un an. Le débat télévisé d’entre-deux tours raté, le flottement stratégique...


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