Ce qui va changer pour la justice des mineurs

LE FIGARO MAGAZINE - Création d'un tribunal correctionnel pour mineurs, fixation à 12 ans de l'âge de la responsabilité pénale... «Le Figaro Magazine» dévoile les principales recommandations de la commission Varinard sur la refondation de l'ordonnance de 1945.

Fixation de l'âge de la responsabilité pénale à 12 ans, déjudiciarisation de la première infraction, instauration d'un avertissement final, création d'un tribunal correctionnel pour mineurs spécialement composé, les conclusions du rapport de la commission Vérinard sur la réforme de l'ordonnance de 1945 sur l'enfance délinquante, que Le Figaro Magazine s'est procurées, devraient relancer la polémique sur la meilleure façon de lutter contre la délinquance des mineurs.

C'est dans le courant de la semaine prochaine que la commission Varinard rendra son rapport à la ministre de la Justice. Rachida Dati s'appuiera sur ses conclusions pour préparer un projet de loi qui devrait être déposé dans le courant de l'année prochaine devant le Parlement. Ainsi, deux ans après son arrivée à l'Elysée, Nicolas Sarkozy aura-t-il mis en place les deux principales promesses de sa campagne présidentielle en matière de lutte contre l'insécurité. Votée en 2007, la loi sur la récidive instaure les fameuses peines planchers et supprime l'excuse de minorité pour les adolescents multirécidivistes. En 2009, la modification de la fameuse ordonnance de 1945 pour les mineurs délinquants.

Les membres de la commission préconisent «l'élaboration d'un code dédié à la justice pénale des mineurs». Ce nouveau code modifierait l'âge de la responsabilité pénale pour le descendre à 12 ans, «âge le plus pertinent, au regard de la réalité actuelle de la délinquance juvénile». Pour autant, le rapport prévoit de créer un statut particulier pour l'audition des mineurs de moins de 12 ans. Une sorte de garde à vue de 6 heures renouvelable une fois.

Peines d'emprisonnement de fin de semaine

Pour faire suite à la demande de la ministre d'apporter «une réponse pénale graduée et personnalisée», les membres de la commission prônent un éventail de mesures qui vont de la «déjudiciarisation de la première infraction» à la responsabilisation des parents par la création d'une infraction de non-comparution, enpassant par l'instauration d'un avertissement final à l'issue duquel la saisine du juge des mineurs deviendra obligatoire. Enfin, devrait voir le jour une peine d'emprisonnement de fin de semaine, qui a fait l'objet de vifs débats au sein de la commission, tout comme la création d'un tribunal correctionnel pour mineurs spécialement composé, compétent notamment pour «les mineurs devenus majeurs au moment du jugement, les mineurs poursuivis avec des majeurs et les mineurs de 16 à 18 ans en état de nouvelle récidive».

En installant la commission le 15 avril 2008, Rachida Dati avait insisté sur cette nécessité d'une «refondation» d'un texte déjà modifié plus de 30 fois en soixante ans, entraînant un empilement de dispositifs totalement inadaptés à la délinquance des mineurs en 2008. «La société a changé, les mineurs ont changé. Ils n'ont plus les mêmes repères», avait précisé la garde des Sceaux, qui a l'occasion, avec ce sujet, de revenir sur la scène politique avec un dossier qui ne manquera pas de déclencher des polémiques.

Un projet de loi au Parlement en 2009

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