A Gibraltar, le Brexit inquiète les travailleurs frontaliers

Economie

Près de 14 500 personnes traversent chaque jour la « verja », le « grillage » qui sépare l’Espagne du territoire britannique. Or le Brexit annule de fait l’obligation pour Madrid d’ouvrir sa frontière.

Sous une pluie battante, une longue file de voitures traverse au compte-gouttes la frontière de Gibraltar ce vendredi 19 octobre au matin. Les plus pressés garent leur véhicule dans l’un des nombreux parkings de La Linea de la Concepcion, la ville andalouse qui jouxte le Rocher, et continuent à pied. Ils se mêlent ainsi à une marée de piétons qui chaque jour se plient au même rituel. Passeport ouvert à la main, brandi à hauteur des yeux, ils passent le premier « contrôle », côté espagnol, sans s’arrêter devant les gardes civils. Idem côté Gibraltar.

Près de 14 500 travailleurs frontaliers traversent ainsi chaque jour la « verja », le « grillage » qui sépare l’Espagne du territoire britannique, dont 9 000 Espagnols, plus de 2 000 Britanniques et presque 1 millier de Portugais.

Trop pour être logés sur ce bout de territoire de 7 kilomètres carrés et de 32 000 habitants, où les rares logements disponibles, malgré une construction frénétique, coûtent le même prix que dans une capitale européenne.

Diana, 35 ans, marche à bon rythme aux côtés de sa mère et d’une amie pour traverser l’isthme. Il est occupé depuis le XIXe siècle par Gibraltar, sur lequel se trouve la piste d’atterrissage de l’aéroport contesté par l’Espagne, dont les vols ne rejoignent que le Royaume-Uni. Ces trois Espagnoles travaillent comme femmes de ménage sur le Rocher.

Ilot de prospérité
 

La baisse brutale de la livre sterling, après l’annonce de la victoire du Brexit, en juin 2016, a certes fortement rogné leur pouvoir d’achat. Mais elles se disent à présent relativement sereines. « Il y a deux ans, nous avons eu très peur. Mon salaire a baissé d’un coup de 1 200 euros mensuels à 1 000 euros, mais la livre s’est stabilisée, et cela reste intéressant de travailler ici. Côté espagnol, je pourrais espérer au mieux 700 euros. Et encore, seulement, si je trouve un emploi… », résume Diana.

Dans le Campo de Gibraltar, la région espagnole...


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